Loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme

Monsieur le président, Monsieur le conseille d’Etat, chères et chers collègues,

La question des langues a toujours été un sujet sensible dans le canton de Fribourg. Nous avons la chance aujourd’hui d’étudier le projet de Loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme. Alors que plusieurs observateurs voyaient arriver ce projet avec crainte, en imaginant Mr le Conseiller d’Etat jouant le role de Tullius Detritus venant semer la zizanie dans le village gaulois, donc majoritairement francophone, qu’est le canton de Fribourg, les débats en commission ont plutôt démontré le contraire. 

Was ist Zweisprachigkeit? Bedeutet es, zwei Sprachen perfekt zu beherrschen? Nein. In einem zweisprachigen Umfeld zu leben bedeutet in erster Linie, sich gegenseitig zu verstehen, ganz gleich, welche Sprache man spricht. Genau das versuchen wir in unseren Grossrat Sitzungen zu erreichen – natürlich mit Hilfe der Simultanübersetzung. Aber in einem zweisprachigen Kanton zu leben bedeutet auch, unsere Unterschiede anzuerkennen und sie zu pflegen. 

L’article 6 de la constitution du canton de Fribourg stipule que le Français et l’allemand sont les langues officielles, que l’état et les communes veillent à la répartition territoriale des langues et prennent en considération les minorité linguistiques autochtones. De plus, il est précisé dans cet article que l’Etat doit favoriser les relations entre les communautés linguistiques nationales. 

Hors, les langues et leur répartition évolue, les frontières ne sont pas figés. Je me rappelle de ma grand-Mère, habitant à coté de l’hôtel cantonal, qui nous disait dans les années nonantes : «  faites attention, si nous faisons rien, les suisses-allemands auront envahis tout le canton d’ici 20 ans ! ». Force est de constater que 30 ans plus tard, ce n’est absolument pas le cas. Le bilinguisme est devenu une force. A l’heure où , au niveau suisse, la tendance est plutôt de favoriser l’anglais plutôt qu’une langue national, le canton de Fribourg a ainsi l’occasion de donner un signal clair : La suisse est multilingue, le canton de Fribourg est bilingue et fier de l’être. 

La commission, composé de 4 Francophones, 2 bilingues et 5 germanophones, a débattu de manière sereine pour présenter le projet bis aujourd’hui. Dans cette commission, chacun s’est exprimé dans sa langue, comme je le fais maintenant. Car oui, cette loi ne rendra pas chaque citoyen bilingue, bien au contraire, mais elle fixe un cadre légale concernant le bilinguisme institutionnel. 

La première partie de la loi concerne  ainsi la langue officielle des communes. Elle fixe les critères à respecter pour que les habitants d’une commune puisse se prononcer sur leur langue officielle. Et c’est un point central : Cette loi n’impose rien, elle n’oblige pas, mais elle permet au peuple souverain de se prononcer. Nous revenons ici à l’essence même de la démocratie, qui permet au peuple de se prononcer sur un sujet aussi sensible que les langues. Différents critères, comme le pourcentage ou les questions d’historicité ont été discuté en commission, et le seront  à nouveau lors du plénum. Je reprendrai ces points lors de la discussion de détail. La plus grande modification que la commission a apporté à cette loi concerne le financement, les membres ayant préféré une aide financière fixe de 150'000 Fr par commune, plus 95 francs par habitant, plutôt qu’une contribution basée uniquement sur la population, ceci par souci d’égalité entre les communes de différentes tailles.  

Concernant la deuxième parti de la loi, la commission a salué la volonté du conseil d’état de mettre en avant le bilinguisme dans le canton de Fribourg, notamment par la création d’un poste de délégué au bilinguisme et d’une commission cantonale dédiée.

Nous ne devons pas avoir des attentes immenses dans cette loi. Elle ne va rendre pas toutes les fribourgeoises et tous les fribourgeois bilingues. Cela ne sera sans doute jamais le cas et ce n’est pas le but de cette loi. Mais elle permet de redéfinir le bilinguisme institutionnel le long de la frontière linguistique . Das Ziel Dieses Gestetz ist den Röstigraben in einen Röstibrücke unzuwandeln. Plutôt qu’une barrière, Fribourg se positionne comme un canton pont entre les communautés linguistique de ce pays. 

Nous pouvons donc aujourd’hui doter notre canton d’un outil législatif posant un cadre claire et relativement souple, afin de permettre au citoyen de se prononcer sur la langue officielle de sa commune. Les débats sur les langues ont parfois été houleux dans le canton, mais, aujourd’hui, je constate que cette loi a su créé un certain consensus dans la commission. J’espère que ce sera l’également le cas dans ce parlement, et j’espère que cette loi contribuera à faire vivre cette richesse qu’est le bilinguisme dans notre canton. 

La commission vous propose donc de soutenir le projet bis présenté aujourd’hui. 

Je termine en  remerciant chaleureusement Mr le conseiller d’Etat, Mr Samuel Russier, secrétaire général de la DIAF ainsi que tous les membres de la commission pour le travail effectué. Merci tout particulier à Mr Reto Schmid, secrétaire général adjoint pour son soutien durant les séances.